Comme le disait Pierre Pachet, « la curiosité est une vertu énigmatique, mais elle consiste à se mêler de tout, de ce qui ne nous regarde pas… ».

Depuis toujours, nous privilégions systématiquement la curiosité. Elle est très certainement une des qualités, une des dispositions de l’esprit les plus importantes. Surtout pour s’attacher à ce qui, précisément, « ne nous regarde pas ».

La faculté d’aller voir, au-delà de l’horizon connu, les zones – non pas inconnues, mais délaissées, parce qu’elles n’appartiennent pas à la spécialité que nous sommes censés maîtriser -, est incroyablement féconde. Même si nous ne sommes capables de percevoir dans ces zones étrangères que des indices, des bribes, une fraction de ce qu’elles comptent pour ceux qui les connaissent, les liens qu’elles nous permettent d’établir nous conduisent à la découverte, à l’étonnement.

Jean-Christophe Bailly, quand il évoque sa curiosité encyclopédique, dit:  “J’essaie d’être attentif – attentif et distrait (qui sont presque synonymes). Ce qui est affolant, c’est qu’il n’y a presque pas d’insignifiance (dans le matériau)”.

C’est d’une extraordinaire clairvoyance, qui peut guider notre travail en permanence : “il n’y a presque pas d’insignifiance (dans le matériau)”. Effectivement, pour qui sait regarder, tout fait sens.