Tout notre travail s’appuie ce constat, renouvelé depuis des années : les mots sont importants. Il a même donné lieu à la création d’un acronyme : LMSI. Un collectif militant s’en est d’ailleurs emparé, pour créer un site internet assez tonique.

C’est une évidence assez partagée aujourd’hui que la maîtrise de la langue est en difficulté : le premier signal est celui de l’orthographe, mais aussi le vocabulaire et la syntaxe. Ce n’est pas un handicap mineur, parce que cette difficulté, très largement répandue, témoigne très vite d’un déficit de compréhension et d’argumentation. Les fondements mêmes de la connaissance et de la pensée sont atteints.

Ce qui menace alors notre vie citoyenne et notre travail au quotidien, ce sont les pièges communs de la tromperie, de l’euphémisation, des raisonnements pervertis, … que ce soit intentionnel ou pas. Nous le constatons presque quotidiennement dans nos missions : les risques de malentendu, d’erreur de jugement, d’incompréhension sont permanents.

Mais pas seulement ! Ce qui est en cause également, c’est la capacité de transformation. On ne peut conduire le changement si l’on n’a pas la capacité de nommer correctement ce que l’on vit. C’est bien la première condition pour arriver à le changer.

Confucius : Si les dénominations ne sont pas correctes, si elles ne correspondent pas aux réalités, le langage est sans objet. Quand le langage est sans objet, l’action devient impossible, et, en conséquence, toutes les entreprises humaines se désintègrent: il devient impossible et vain de les gérer. C’est pourquoi la toute première tâche d’un véritable homme d’Etat est de rectifier les dénominations.