Dans tout processus de changement, dans toute évaluation, dans tout développement, la rencontre est le moment clé. Nous aurons toujours constaté, dans les relations professionnelles, combien il est facile et rapide de se séparer – nous ne parlons pas ici des aspects légaux – mais comme il est beaucoup plus difficile de se rencontrer.

La rencontre, qui permet d’entrer en relation, de se donner les moyens de construire quelque chose, requiert d’abord une capacité à s’éloigner de soi-même. Elisabeth Godfrid (Des inventeurs pour une coexistence) le souligne : « Se détacher de l’origine, apprivoiser et accueillir le vide de la séparation, permet le lien imaginaire avec un autre rencontrable. Celui qui reste fantasmatiquement fixé à l’origine, ne lâchant pas prise sur elle, ne peut accueillir ce qui arrive, être disponible, ouvert à l’inconnu en acceptant la part d’incertitude. »

Notre identité est d’abord relationnelle.

La rencontre réalise cet échange, « dans lequel on se change sans pour autant se perdre ni se dénaturer. » (E.Glissant)

Une grande partie du temps et de l’attention sera portée à la première étape – sans cesse renouvelée et complétée -, de la rencontre.